Étude de l’industrie et du marché des capteurs thermosolaires actifs au Canada (2008)
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Science Applications International Corporation (SAIC Canada)
Programme des énergies renouvelables et des changements climatiques
Numéro CTEC CM001743 / 2005-08-01
RÉSUMÉ
Une étude détaillée de l’industrie des systèmes thermosolaires actifs (STA) au Canada a été entreprise de janvier à mars 2005. Le but premier de cette enquête était de déterminer l’importance de l’industrie et du marché thermosolaires au Canada. Ces données ont ensuite été utilisées pour calculer la production d’énergie thermique des systèmes thermosolaires et les émissions de gaz à effet de serre (GES) évitées grâce à l’utilisation de ces systèmes. Comme il s’agit de la première enquête de ce genre en plus d’une décennie, le questionnaire a été largement distribué, à 268 entreprises partout au Canada. Le faible taux de participation des petites entreprises au détail a été compensé par la participation de la majorité des grandes entreprises. Cela a permis d’obtenir des données fiables pour l’analyse. En outre, les résultats constituent une base d’information solide sur laquelle les études futures pourront faire fond.
L’enquête a révélé des ventes annuelles de 24,2, 26,4 et 37,5 MWTH pour 2002, 2003 et
2004, respectivement. L’ajout de la capacité de ces nouvelles installations à la capacité estimée à 170 MWTH des systèmes qui étaient en service à la fin de 2001 nous donne un total de 258 MWTH pour l’ensemble des installations thermosolaires en service au Canada. Cela représente une augmentation de plus de 50 % au cours de la période de référence de trois ans de l’enquête.
Comme on peut le constater dans la Figure 1, les ventes de tous les types de capteurs ont augmenté considérablement au cours de la période de référence de trois ans, 2004 ayant été une excellente année pour l’industrie, avec une croissance des ventes totales de plus de 40 %, tant pour ce qui est de la surface de captage que de la valeur des capteurs. Les répondants à l’enquête s’attendaient à un nouvel élan de croissance de 20 % pour 2005 et 2006. Entre 2002 et 2004, environ 10 % de toutes les ventes étaient des exportations.
La Figure 1 montre aussi que bien que les capteurs à circulation de liquide non vitrés (dont 97 % sont utilisés pour le chauffage des piscines) constituent la majorité du marché canadien selon la surface de captage, les trois principaux types de capteurs solaires (quand on combine les capteurs à circulation de liquide sous vide avec les capteurs à circulation de liquide vitrés en un seul type) détiennent tous environ un tiers du marché, quand ce dernier est mesuré en fonction du revenu.
L’enquête a confirmé que les marchés et les applications varient selon les types de
capteurs :
- Presque tous les capteurs à circulation de liquide non vitrés sont vendus dans le secteur résidentiel pour le chauffage des piscines (97 %).
- La grande majorité des capteurs à air sont vendus dans le secteur industriel, commercial et institutionnel (ICI) (90 %), la plupart de ces capteurs étant utilisés pour le chauffage des locaux.
- Les ventes de capteurs à circulation de liquide vitrés et de capteurs à circulation de liquide sous vide étaient partagées entre le secteur résidentiel et le secteur industriel, commercial et institutionnel, environ 67 % des ventes ayant été réalisées dans le secteur résidentiel. Les ventes dans ce secteur étaient surtout destinées au chauffage de l’eau domestique, bien qu’en 2004, 23 % des ventes au secteur résidentiel visaient des applications combinées d’eau chaude domestique (ECD) et de chauffage des locaux, ce qui montre une forte croissance pour cette application. Les ventes de ces capteurs dans le secteur I/C/I étaient surtout destinées à des applications pour l’ECD.
L’enquête a aussi révélé que le marché thermosolaire du Québec différait de celui des autres régions, avec un revenu annuel par habitant deux fois plus élevé que dans toute autre région (400 $ pour 1 000 résidents), en raison d’une pénétration beaucoup plus forte de capteurs solaires plus dispendieux. Cette situation découle d’une plus grande pénétration du marché par les capteurs à air non vitrés, dont le coût au mètre carré est plus élevé que celui des capteurs à circulation de liquide non vitrés.
Les calculs des émissions de gaz à effet de serre évitées grâce aux systèmes thermosolaires actifs actuellement en service au Canada ont été faits à partir d’estimations historiques des installations thermosolaires, y compris lorsque les systèmes ont été mis hors service. Un modèle a été élaboré pour calculer le parc de capteurs en service, selon le type de capteur, à compter de 1979. Le modèle a montré qu’un grand nombre de systèmes installés au cours des années 1980 ont été mis hors service au cours des années 1990. Le modèle a aussi montré que ce n’est qu’au cours des dernières années que le parc des systèmes thermosolaires en exploitation au Canada a commencé à augmenter à nouveau (se reporter à l’annexe C pour des détails à propos de ce modèle et à la Figure 15 pour un résumé des résultats).
Les calculs montrent que les émissions de GES estimées, évitées grâce à tous les systèmes solaires actifs en service au Canada en 2004, s’élevaient à 23 200 tonnes d’équivalent CO2. Des calculs semblables montrent que les émissions évitées prévues de CO2, attribuables aux capteurs solaires vendus et installés au Canada en 2004, s’élèveront à 122 600 tonnes au cours de leur durée de vie, qui sera comprise entre 20 et 30 ans.
Les données montrent aussi qu’il existe des différences marquées entre les trois types de capteurs solaires lorsqu’on les mesure en fonction des trois paramètres utilisés à cette fin : la surface de captage, le revenu gagné et les émissions de GES évitées. Tout comme la « part de marché » * selon le type de capteur peut être mesurée soit selon la surface de captage soit selon le revenu, on peut aussi la mesurer par rapport aux économies de GES. Quand on compare les types de capteurs entre eux, les capteurs solaires non vitrés utilisés pour le chauffage des piscines dominent le marché sur le plan de la surface de captage vendue, leur « part de marché » est plus petite au niveau des revenus et elle est plus petite encore en termes d’économies de GES (cette dernière situation est attribuable, dans une large mesure, au fait que les capteurs utilisés pour les piscines fonctionnent moins longtemps chaque année que les capteurs à air ou les capteurs vitrés). Inversement, la part de marché des capteurs à air augmente à mesure que nous passons de la surface de captage au revenu, puis aux économies de GES. La durée de vie prévue de ces capteurs, qui est plus longue (30 ans par opposition à 20 ans pour les autres capteurs), est une raison importante pour leur contribution considérable aux économies de GES.